Test de la Bandit 600S par FuryVara
Posté le 09 juin 2003 à 10:20
sur http://www.varadero.no-ip.org/forum/index.php
et publié sur Motardes avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Et oui, rebelote ... samedi dernier j'ai
tenté la Bandit 600 en location pour une journée. Voici donc mes impressions
sur cette (trop courte) journée.
9h, arrivée devant la "boutique"
tout impatient, la Bandit est là, Bordeaux de sa couleur. Une fois les papiers
signés premier contact avec la bête (c'est pas moi qui la démarre cette
fois-ci), un bruit de moteur bien sympa, une selle à priori bien confortable,
un tableau de bord plutôt attrayant avec plus de 17 000 bornes au compteur. Je
m'installe, le mec me donne quelques conseils (ouais ouais c'est bon, j'ai mon
permis, t'égosilles pas). J'enclenche la première et c'est parti.
Déjà un bon point, je n'ai pas calé (cf.
Essai de la Fazer), je suis plutôt bien installé, les commandes tombent bien
sous les pieds et les doigts mais une légère critique tout de même sur le
bouton du cligno : on sent pas suffisamment bien les "clacs" donc je
suis tenté d'appuyer plusieurs fois pour être sûr de les avoir éteint. La
circulation n'est pas dense (pour le moment) mais c'est pas le désert, je
commence donc doucement histoire de me faire un peu à l'engin. Deuxième constat
: la boîte est très sensiblement étagée de la même manière que la Vara (et je
ne croyais pas encore si bien penser !!). Circulation urbaine bien sympa, je
tourne en moyenne autour des 3000 tr/mn pour 60km/h en 6ème, le moteur ne
bronche pas, ne broute pas et j'ai le temps de passer les vitesses quand il
faut. Je préviens ma douce que je vais faire un petit tour sur la Rocade avant
de rentrer, sortie de la circulation urbaine donc.
Meeeerrdde ... me suis planté, j'ai pris la
sortie au lieu de rejoindre l'autre côté de la Rocade (pour ceux qui
connaissent le bordel du Palays) ... qu'à cela ne tienne je vais ... mé quel
con, j'ai pas eu le réflexe de prendre le rond point directement !!!!
Décidément je suis pas réveillé moi ce matin (il est pas encore 10h faut dire ).
Bon, tranquille pépère, on va faire demi tour un peu plus loin. On pousse un
peu la bête ... Râââââ ça fait du bien pour où ça passe (l'échine). Hop, hop,
virage droite (60km/h au lieu de 30), petite descente, petit rond point 3/4
gauche, petit virage gauche ... que du bonheur. Aller, le deuxième (grand) rond
point pour faire demi tour et revenir vers la Rocade, tiens, je vais tester
l'inclinaison pour voir, un poil de gaz, on se penche, on se penche, on se
penche, un poil de gaz ... SCRRRRRRCCHHHH ... tiens, il est déjà là le cale
pied ?????????
Sortie de "l'aire de jeux",
passons aux choses sérieuses, direction Rocade, bretelle d'accès ..
Vrrrroooooooaaaar ... limité à 60 le virage ... 80 au compteur ...
rrreeeeeuuuuuuaaaaaaaaarrrrrrrrrrrr ... ligne droite Gaaaazzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
.... yahouuuu, ça pousse, ça pousse, ça pou... tiens, ça pousse moins que la
Fazer (Naaaannn, c'est vrai ???? ).
Bon, ça pousse quand même bien et au moins on a le temps de réaliser que la
vitesse augmente, c'est plus sécurisant quand même). A 130 à l'heure ça pousse
déjà très fort sur le casque ... mais il suffit de changer un peu la position
de conduite et tout rentre dans l'ordre. Ligne droite, personne devant ...
aller, petit test poignée en coin, schlok, 150, 160 ... 165 ... 170 ... 172 ...
175 ... mouais, bon, ok, on voit qu'il y a pas autant de poneys entre les
cuisses que la dernière fois. Je continue ma route, virolos tous doux à
130/140, reprises sympas, freinage bien mesuré mais je commence à sentir
quelques raideurs dans la direction, le contre braquage n'obéit pas au doigt et
à l'oeil ... ou plus exactement après quelques essais sur ce sujet il n'obéit
qu'à l'oeil !!!!! si si, à l'oeil. Il suffit en effet simplement de regarder où
on va et floup ... elle y va !!! impressionnant mais déconcertant au début.
Deuxième ligne droite, ce coup je fais le forcing, sous la bulle, j'ouvre et
j'attends ... j'attends ... l'aiguille arrive péniblement aux alentours du 200
mais je ne veux pas prendre trop de risques, je relâche ... et je rentre pépère
à la maison récupérer ma passagère.
Prêts pour le départ, le trajet prévu est
Toulouse, Albi par autoroute, Albi Castres par petites route et Castres
Toulouse comme on pourra (petites routes, nationales, etc.). Petit check up
avant de partir, je règle la garde à la poignée d'embrayage (1,5 cm au lieu de
6mm ça faisait un peu mou !!) et on pars pour remplir le GROS réservoir ...
impressionnant ce qu'elle engloutit, on n’en finit plus de le remplir ce
réservoir, et là on se dit : "mince, manque la jauge à essence là
dessus". On part pépère, rocade, autoroute, petite pause, petit débriefing
avec la passagère pour avoir ses impressions au bout d'une heure de trajet.
Les cales pieds sont pas super confortables
(métal brut et petite taille), beaucoup de vibrations dans les pieds elle a
l'impression de marcher sur des ressorts une fois à l'arrêt. En revanche elle a
moins de vent qu'avec la Fazer et les accélérations sont moins brutales ce qui
est plus rassurant. Moi c'est pareil sauf que les vibrations c'est dans les
mains que je les ai et saleté ce que c'est désagréable. Il faudra 20 bonnes
minutes pour que ça passe. On remonte sur le destrier et on termine notre
trajet autoroutier jusqu'à Albi.
Albi, petit tour d'horizon, la bête se
conduit vraiment comme une vara, pas besoin de penser à ce qu'on fait, c'est de
l'automatisme. Le regard toujours bien placé et la moto réagit comme il faut.
Petite pause déjeuner, petite balade et on
repart par les départementales cette fois ci.
On se traîne derrière les moules du coin et
pas moyen de dépasser. Qu'à cela ne tienne, on profite du paysage. Doucement on
prend notre rythme de croisière, les petits virolos sont un régal bien que
cette histoire de contre braquage commence à devenir fatigante pour les bras
(pas moyen de pousser le guidon comme on voudrait, elle est scotchée à la
route). De plus, le soleil commence à taper très fort. On arrive à Castres sans
avoir eu une route particulièrement intéressante niveau conduite. Petite pause,
petit repérage, grand parc ... ah ouais ouais ouais, on y va se détendre un peu
? ben on va essayer !
Grosse pause rafraîchissement et détente, ça
fait près de 4h qu'on est partis de Toulouse et on commence à être un poil
vannés tous les deux. On finit par repartir direction Toulouse, la chaleur se
fait plus oppressante et ma passagère faiblit à vue d'oeil. En plus, elle a
perdu ses cale pieds à 2 reprises (nids de poule, elle glisse et le cale pied
se referme). Je vous raconte pas les acrobaties pour le(s) récupérer !!! pas
glop. Fait chaud et ma passagère réclame un arrêt, les abducteurs la font
souffrir. La position du passager est en effet assez inconfortable, à mi chemin
entre penché et droit. On s'arrête, on boit un coup et on repart, plus que
quelques minutes pour rejoindre Toulouse.
Enfin arrivés, la route fut longue, je
prends quelques photos pour la postérité et l'heure arrive de rendre la
monture, avec un peu de regret mais moins que la première fois (est-ce du à la
moto ou est-ce le fait que ce soit la deuxième fois ?).
En conclusion je dirais que la Bandit est
une moto de tous les jours, pas tellement faite pour les longs trajets qui
souffre de quelques imperfections. Elle est néanmoins très sereine et très
instinctive. A titre de comparaison avec la Fazer je dirais qu'elle est moins
dangereuse du fait de sa puissance moins élevée et elle fait moins ludique et
plus virile que sa concurrente. Si on me demande laquelle je choisirait : j'en
sais rien !!! et c'est ça qui est pénible, ça mérite une réflexion approfondie.
A la prochaine pour un nouveau compte rendu
(SV 650 ou TDM 900 selon dispo).
Z'oreilles au vent